Biographie de l’artiste:
Jomie Aipeelie est né le 11 septembre 1963 à Iqaluit, sur l’île de Baffin, au Nunavut. Il a passé la majeure partie de sa vie à Iqaluit, mais a également séjourné à Lake Harbour pour rendre visite à sa famille.
Il était le fils de l’artiste Seepee Ipellie et le petit-fils de Nuveeya Ipellie. À noter qu’Aipeelie orthographiait son nom différemment de celui de son père.
Aipeelie a terminé ses études en 8e année et a travaillé comme charpentier au ministère des Transports. Il a commencé à sculpter à l’âge de 15 ans et s’est consacré sérieusement à son art vers l’âge de 22 ans. Issu d’une famille attachée aux traditions, il passait son temps sur le territoire, été comme hiver. Il perpétue ce mode de vie traditionnel en chassant le phoque, le morse, le caribou, le lagopède et l’oie.
Comme son père et son grand-père, Aipeelie aimait sculpter des bœufs musqués, ainsi que des baleines, des faucons, des ours polaires, des phoques, des narvals, des canards, des morses, des inukshuks et des chasseurs. Son œuvre est très puissante et directe.
source: katilivik.com
À propos du chant de gorge:
Le chant de gorge inuit, ou katajjaq, est un art vocal traditionnel profondément ancré dans la culture inuite. Il est traditionnellement interprété en duo par deux femmes – l’une plus âgée, l’autre plus jeune – qui se font face et utilisent des inspirations et expirations rythmées ainsi que des sons gutturaux pour imiter les phénomènes naturels, les animaux et la vie quotidienne. Cette pratique intergénérationnelle est un puissant vecteur de transmission culturelle : la femme aînée guide la plus jeune par l’imitation directe et un accompagnement concret, lui transmettant non seulement les techniques vocales complexes, mais aussi un savoir culturel profond, des valeurs essentielles et un lien intime avec l’environnement. Autrefois un passe-temps divertissant et compétitif pratiqué pendant l’absence des hommes partis chasser, le katajjaq renforçait les liens sociaux, apaisait les nourrissons et préservait l’identité inuite – un rôle particulièrement vital après la répression coloniale par les missionnaires qui le considéraient comme païen. Aujourd’hui, sa renaissance témoigne de la résilience de la culture Inuit. Lorsqu’elle est pratiquée de génération en génération, la dynamique entre les aînés et les plus jeunes incarne explicitement le mentorat et la continuité, assurant ainsi la pérennité des traditions orales, le renforcement des liens familiaux et la vitalité du patrimoine inuit face aux changements modernes. Bien que distincte des rituels chamaniques (menés par l’angakkuq pour communier avec les esprits), la pratique du katajjaq partage des racines préchrétiennes et porte l’écho de cette vision spirituelle du monde à travers ses sonorités évocatrices.













